Interview avec Martin Fourcade !

A l’issue d’une saison fantastique avec notamment dix victoires en Coupe du monde, quatre petits globes, un gros globe de Cristal et plusieurs médailles aux Mondiaux, le Français Martin Fourcade toujours très disponible a ccordé une partie de son temps à ses fans afin de répondre à quelques questions. Cette interview a été organisée par le site 20 minute.fr

Garfield: Martin Fourcade, Jason Lamy-Chappuis, Tessa Worley, Marion Rolland, etc.: n’assiste-t-on pas là à la renaissance du ski français de haut niveau? N’êtes-vous tous pas, dans vos disciplines, les successeurs des Alphand, Merle, Picard, etc.?

La fédération fait un excellent travail pour relancer le haut niveau après quelques années un peu ternes. Les résultats sont au rendez-vous et c’est une superbe chose pour le ski français.

Antoine: Si vous êtes champion olympique de biathlon, vous aurez tout gagné. Quelle sera la suite?

Je continuerai jusqu’en 2016 de façon sûre. Pour la suite, rien n’est décidé.

Eloïse: Cap ou pas cap de finir à reculons si tu es sur le point de gagner une course avec de l’avance?

Cap.

Jtlean: Sais-tu si il y a eu une augmentation des effectifs en biathlon grâce à ta popularité en France?

Je n’ai pas de retour direct concernant les chiffres. Je rencontre cependant beaucoup d’enfants qui me disent avoir commencé le biathlon grâce à moi. Je me remémore toujours ces instants où à leur place, je rêvais aussi des champions.

Chardon: Comment expliques-tu le miracle du biathlon tricolore depuis de nombreuses années?

Une part de chance pour trouver le grand champion et beaucoup de passionnés pour les amener au plus haut niveau.

Greyjack: Quelles ont été tes sensations sur le futur parcours des JO à Sotchi? A première vu il te convient bien.

J’aime le lieu mais aussi les pistes et infrastructures. Ce projet est à l’image de la popularité de biathlon en Russie: énorme.

Julien: Avez-vous comme votre frère à l’époque, des doutes sur les performances des Russes qui ont plusieurs fois trempé la spatule dans le pot à produit dopant?

C’est une nouvelle génération d’athlètes qui représente la Russie. L’encadrement et le fonctionnement ont aussi été profondément bouleversés à la suite de trop nombreux scandales. Je fais confiance à ces athlètes comme je pense qu’ils me font confiance.

Marmotin: Comment arrive-t-on à gérer une vie de famille ou tout de moins de couple (si il y en a une) avec le rythme fou des déplacements?

C’est ma copine qui pose la question? 😉 Mon choix de vie impose forcément des sacrifices qui sont faciles à vivre pour moi car j’ai fait ce choix. Pour ce qui est de mon entourage, ce choix est subi. Et donc forcément plus difficile à accepter. Le biathlon est une partie de ma vie que je ne me vois pas arrêter. Mais qui ne durera pas dix ans.

Pierre: Vous êtes assez affûté. Quels conseils avez-vous à nous donner niveau diététique?

Manger équilibré, en quantité équivalente aux dépenses énergétiques. Et faire du sport. Je ne travaille pas avec un diététicien mais je me suis beaucoup documenté sur les principes de la nutrition dans le sport de haut niveau. Je ne m’interdis pas de me faire plaisir. Mais avec modération.

Chevre: Simon a été un peu en retrait cette année, même s’il a plutôt bien fini, a-t-il été blessé ou malade?

Simon a subi une opération chirurgicale début décembre afin de soigner un problème de tibia. Son début de saison a été forcément perturbé et je suis très heureux qu’il ait terminé la saison sur une très belle note afin d’aborder la nouvelle préparation.

Garfield: Si je dis que tu es le nouveau Raphael Poirée, comment réagis-tu?

Nous sommes deux personnalités différentes, avec chacun notre parcours. Les similitudes sportives sont nombreuses. Il est normal de vouloir faire des comparaisons. J’en suis très flatté, mais je trace ma propre route. Ça a été un exemple quand j’étais jeune. Maintenant, je fais ma vie.

Fred44Nantes: La relative absence de Svendsen à Sotchi pourrait-elle lui être préjudiciable l’année prochaine?

Je ne pense pas. Il n’était pas à Vancouver et il est reparti champion olympique. Je n’aimerais pas être dans sa position car la confiance que m’ont procurée ces épreuves préolympiques sera l’un de mes atouts principaux pour aborder cet évènement.

Nastya: Quelle est votre la plus forte impression de la saison? Une victoire? Une défaite? Quelque chose hors de sport?

La dernière ligne droite lors de la mass start de Kanthy Mansiysk en Russie. Le franchissement de cette ligne symbolisait pour moi la fin de la saison. J’ai donc profité au maximum de ce moment et des émotions ressenties cette année avant de me tourner vers la saison olympique.

Antoine: As-tu le sentiment d’avoir progressé, notamment au tir couché, cette saison?

Oui. Les statistiques le prouvent. Avec 89% de moyenne au tir contre 84% l’an passé, il est difficile de dire le contraire. Ce fut un des axes principaux de ma dernière préparation. Je suis très content qu’il ait porté ses fruits.

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AleksB: Comment expliquer la couverture médiatique assez lamentable sur les grandes chaînes françaises des sports d’hiver, et plus précisément du biathlon, du ski de fond et du combiné?

La couverture du sport dans son ensemble (hors foot et rugby) est faible en France contrairement à de nombreux pays. En Allemagne, en Russie, aux Etats-Unis, il y a du sport sur les grandes chaînes. C’est culturel. En plus de cela, la couverture des sports d’hiver est plutôt faible. Je regrette ce manque de visibilité pour les spectateurs et les fans de ski en France mais je ne ressens pas ce manque de valorisation de mes performances ou de médiatisation.

Eloïse: Pourquoi ce choix de quitter la France pour t’installer en Norvège?

C’est un projet post olympique. Sochi marquera pour moi la fin d’un cycle entamé à Vancouver. Afin de rester performant et de continuer à progresser, je sens le besoin de changer certaines choses et de modifier légèrement la routine qui peut se mettre en place après plus de dix ans de sport de haut niveau. Je ne compte pas passer ma vie en Norvège.

Greyjack: Sur quels aspects vas-tu te focaliser pour ta préparation cet été? Tes accélérations à 300m du pas de tir ont montré que tu souhaitais prendre ton temps pour le tir, vas-tu essayer d’améliorer ton temps au tir?

Forcément je vais essayer d’améliorer ma vitesse au tir couché. Et continuer à progresser dans tous les domaines pour être encore meilleur. Au niveau actuel, il n’y a pas de chantier criant. Ce sera de l’amélioration de détails.

Nastya: Vous avez dit à la presse russe que vous pensez arrêter votre carrière après Sochi. Est-ce sérieux? Ou bien les fans peuvent-ils espérer vous voir encore plusieurs années?

Je n’arrêterai pas après Sochi. Je continuerai de façon certaine jusqu’en 2016 et les Mondiaux d’Oslo. Le plaisir pris à l’entraînement et en compétition me permettront de décider après cette date.

BiathlonFan: A quel moment le biathlon est-t-il devenu une évidence pour toi? Et comment es-tu arrivé à ce magnifique sport?

Ça s’est fait naturellement depuis mon inscription au club de ski de fond depuis tout jeune. Après j’ai goûté aux joies du biathlon et je me suis pris au jeu de ce sport qui est à la fois contradictoire et tellement prenant. J’ai commencé aux alentour de six ans au club de ski. J’ai tiré la première fois en biathlon à 10, 12 ans.

Reivilo: Tu as gagné un gros Globe de cristal au général, récompense d’un travail d’une longue saison de 26 courses. Tu es quintuple champion du monde, tu es médaillé olympique qui sont la récompense d’une course d’un jour J. Si tu devais donner un ordre de valeur à ces évènements tu les classerais dans quel ordre?

Sportivement, le Globe de cristal de la Coupe du monde est celui qui est de loin le plus significatif pour moi comme pour tous les spécialistes. Médiatiquement, les titres mondiaux et surtout olympiques sont bien plus reconnus.

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